Investor Presentaiton
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réduire la fraude, la surutilisation des services et le risque moral. Il est toutefois nécessaire
d'opérer à une certaine échelle pour pouvoir fournir des assurances de manière durable,
compte tenu des investissements initiaux et des compétences spécialisées nécessaires et de
l'ampleur du pool de risques requis pour pouvoir compter que la loi des grands nombres
permettra de prévoir les risques. Les mutuelles atteignent rarement l'échelle nécessaire.
Par ailleurs, si elles proposent à certains groupes de population maliens des produits
similaires à des polices d'assurance, elles compromettent les perspectives d'économies
d'échelle dont a besoin le secteur des assurances pour justifier l'investissement initial dans
la conception de produits et l'établissement de processus. Les efforts déployés pour faire
converger les opérations de distribution de produits d'assurance médicale contrôlés et
formels par les compagnies d'assurance et par les mutuelles sont encore embryonnaires,
mais il importe de les encourager.
26. La taille relativement limitée du marché de l'assurance maladie reflète aussi
l'ampleur des possibilités de transfert des risques non satisfaites qui ne sont pas
capturées par le secteur des assurances. Outre qu'ils demandent d'être titulaires d'une
police d'assurance vie, les prêteurs d'autres pays exigent aussi que le bien constituant le
nantissement d'un prêt soit assuré. Une personne achetant une automobile à crédit doit non
seulement avoir une police d'assurance responsabilité civile automobile (ARCA) valide,
mais aussi une assurance contre le vol et une assurance dommages couvrant l'automobile
elle-même ; il en est de même pour les équipements et machines agricoles, le bétail, les
bateaux, etc. Au Mali, toutefois, les prêteurs n'exigent généralement pas ces assurances, et
rares sont ceux qui les contractent de leur propre initiative. Les prêteurs n'exigent
habituellement pas non plus d'assurance pour les travaux de construction qu'ils financent.
Si le secteur de l'assurance propose d'exiger du public ou des membres de certaines
professions qu'ils soient tenus de contracter des assurances supplémentaires, il existe
encore d'amples opportunités d'accroître la portée des services d'assurance dans le
contexte des activités de financement. Par ailleurs, même lorsque l'assurance devient
obligatoire, il faut encore faire respecter cette obligation. Ce n'a pas toujours été le cas au
Mali. Par exemple, toutes les marchandises importées au Mali doivent être assurées par un
assureur domicilié dans le pays, mais cette loi de 1981 n'est guère appliquée, ce qui prive
les assureurs maliens d'un volume d'assurance considérable. De même, la prescription
selon laquelle au moins 25 % du risque assuré doit demeurer au Mali n'est pas toujours
appliquée dans le secteur minier, les consortiums multilatéraux ayant généralement pour
pratique de confier une part importante de leur portefeuille d'assurances à leurs partenaires
internationaux et à ne laisser que des montants minimes aux soins du secteur des assurances
locales.
27. Le faible degré de respect de l'obligation d'avoir une police ARCA est une
autre explication de la taille très limitée du marché des assurances, et offre une
opportunité manifeste d'accroître le taux de pénétration. Les derniers efforts
approfondis déployés pour quantifier le nombre de voitures non assurées remontent à 2004
et ont permis d'établir de manière probante que 60 % des automobiles n'étaient pas assurés.
Les opinions relatives au pourcentage de voitures assurées aujourd'hui divergent, mais de
l'avis général un nombre considérable d'entre elles ne sont pas assurées et la plupart des
motos ne le sont pas non plus. La proportion des primes au titre de l'ARCA dans le total
des primes d'assurance non-vie évolue systématiquement à la baisse depuis dix ans,
puisqu'elle est tombée d'un maximum de 45 % 2005 à 38% en 2013, malgréView entire presentation