Investor Presentaiton
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de diversification peu risquées mais ayant une faible productivité comme le font les
agriculteurs conscients des risques en l'absence d'assurance.
46. L'assurance agricole est peu développée en Afrique en raison de l'existence
d'obstacles considérables ; l'assurance basée sur un indice contribue à surmonter ce
dernier. En Afrique, la production agricole provient essentiellement de petits exploitants.
Ces derniers n'ont accès à des assurances pour leur culture et leur bétail que depuis très
peu de temps, le principal obstacle étant l'asymétrie de l'information : les agriculteurs ont
une bien plus grande connaissance des cultures et des animaux assurés que les assureurs.
Les assureurs doivent surmonter cette asymétrie lorsqu'ils décident d'assurer ou non une
exploitation ou de régler une demande d'indemnité ; en règle générale, il est nécessaire que
des experts extrêmement spécialisés se rendent sur les exploitations pour décider à quelle
condition proposer les polices d'assurance et déterminer si le paiement des demandes
d'indemnités est justifié. Cela est possible dans le cas des grandes exploitations, qui ont
souvent accès à des assurances agricoles en Afrique (bien que ce ne soit pas le cas au Mali).
Cela n'est toutefois pas financièrement viable dans le cas de petites exploitations réparties
sur de vastes territoires. Il est heureusement possible de surmonter cet obstacle depuis
quelques années grâce au développement de l'assurance agricole basée sur un indice.
L'innovation fondamentale de ce type d'assurance tient au fait que le paiement de
l'exploitant assuré n'est pas basé sur l'évaluation de la perte effective qu'il peut subir, mais
sur un indice objectif et indépendant qui peut être aisément mesuré moyennant un coût
raisonnable, et que l'on sait être étroitement corrélé aux pertes de récoltes. Les variables
climatiques - les quantités de pluie et leur calendrier, les températures ou la vitesse du
vent 35 - et le rendement moyen des cultures dans une région en sont des exemples types
/voir le graphique 4 pour un exemple simplifié). Le paiement d'une demande d'indemnité
au titre d'une police d'assurance basée sur un indice est déclenché lorsque l'indice dépasse
le seuil fixé; tous les agriculteurs ayant contracté la même assurance reçoivent alors le
même paiement, quel que soit le montant effectif des pertes qu'ils ont encourues. Cette
simplification radicale permet d'abaisser considérablement le coût de l'octroi d'une police
d'assurance, parce qu'il n'est pas nécessaire de procéder à des inspections sur
l'exploitation. Cet abaissement des coûts résout également l'un des problèmes
fondamentaux que pose l'offre de produits d'assurance à des groupes de population ayant
de faibles revenus, à savoir le niveau élevé des dépenses de fonctionnement par rapport au
montant de la prime qui, bien souvent oblige à fixer le montant de cette dernière à un niveau
inabordable pour le marché ciblé.
Tableau 8. Comparaison des assurances agricoles traditionnelles et des assurances
basées sur un indice
35 Les risques climatiques sont généralement les principaux risques assurables échappant au contrôle de
l'exploitant; les fluctuations de prix des intrants et des produits sont un autre risque important, mais il n'existe
pratiquement pas d'assurance à ce titre. Outre ces risques, les exploitants se heurtent à des obstacles qui ne
sont généralement pas assurables. Il s'agit, par exemple, de l'accès à des infrastructures adéquates, à des
crédits agricoles, à des services, aux marchés et à des facteurs de production, autant d'éléments qui ont un
impact sur leur aptitude à exploiter la terre de manière rentable. Les obstacles ne sont toutefois pas des risques
et ne sont pas assurables. Le rôle de l'assurance agricole est généralement limité lorsque les agriculteurs sont
confrontés non seulement à des risques climatiques et autres, mais aussi à de graves obstacles liés aux facteurs
de production et à la commercialisation de leur récolte.View entire presentation